Déploiement du BIM en France : maintenir le cap !

- par Bertrand Delcambre, président du PTNB. Transformons nos métiers !

La mission du PTNB est d’accompagner le bouleversement induit par l’arrivée du BIM et ce, au bénéfice de l’ensemble des acteurs, en amont comme en aval de l’acte de construire. Une enquête menée par le EU BIM Task Group permet de faire une analyse comparative intéressante  des travaux menés dans différents pays européens sur le BIM : quelles sont les attentes, sur quoi est mis l’accent (phase de conception, de construction, d’exploitation, …) et que met-on en place pour atteindre ces objectifs.

Cette étude montre que les moteurs de déploiement du BIM sont les mêmes dans l’ensemble des pays consultés : maîtrise des coûts et des délais, amélioration de la compétitivité du secteur sur les marchés nationaux et internationaux.  Les pouvoirs publics français ont choisi de rendre possible l’utilisation du BIM dans les marchés publics (à condition que cela ne restreigne pas l’accès à la consultation et donc au marché) et mettent l’accent sur des mesures incitatives. D’autres pays (l’Angleterre bien sûr mais aussi l’Italie…) ont choisi de rendre obligatoire l’utilisation du BIM pour les projets de construction publics avec certaines restrictions (montant à partir d’un certain seuil, marché d’état, …).

Des actions lourdes – valorisation des retours d’expérience, soutien à la formation professionnelle, plateforme collaborative, carnet numérique, bibliothèques d’objets génériques –  se sont mises en place progressivement. Les efforts des organisations professionnelles et des pouvoirs publics, réunis au sein du PTNB, ont commencé à porter leurs fruits. Mais trois ans, c’est trop court. Il faudra poursuivre  ces travaux au-delà de l’année 2017 pour atteindre les objectifs ambitieux à moyen terme, rendre les services attendus par les TPE et PME du secteur et espérer une généralisation des pratiques du BIM dans le bâtiment.

Au regard de l’accélération constatée ces derniers mois, nous sommes confiants dans les perspectives d’appropriation du BIM par tous les acteurs du bâtiment et pour tous les projets. Comme les anglais, nous aurons besoin de maintenir le cap sur la stratégie de déploiement du BIM initié par le PTNB et ce indépendamment des changements politiques. Il en va de l’intérêt des acteurs de la construction en France et de la compétitivité du secteur !

Bertrand Delcambre, président du Plan de transition numérique dans le Bâtiment

Un commentaire au sujet de « Déploiement du BIM en France : maintenir le cap ! »

  1. Perret Yves

    Architecte - Village - 42140
    Rien contre le dessin électronique, rien pour non plus…moyen parmi d’autres moyens.
    A chacun la liberté du choix ses outils car aucun outil est neutre et tous les outils contiennent leurs propres limites.
    Je connais des architectes qui plantent une grande maquette au milieu du chantier (Zanine), qui dessine grandeur avec des fers à béton (A Béninca), qui dessinent grandeur au tableau noir des parties de projet pour vérifier ou change les dessins en cours de route (le Corbusier) qui revendiquent la possibilité d’improviser avec les entreprises sur place (M.Mangematin) qui commence le chantier avant que tout soit dessiné (O Niemeyer) qui travaille à l’aide de prototypes (J.P. Campredon) qui cherche à raccourcir la distance main – cerveau, qui…..

    Pour terminer l’église de Firminy (Le Corbusier), nous (J.Oubrerie, Perret, Duverger, Chazalon) nous sommes appuyés sur une simulation électronique 3D mais nous avonsen même temps utilisé :
    – des simulations grandeur sur place (géométrie du sol, prises de lumière…)
    – des prototypes pour ce qui était près du corps (poignées, sièges….)
    – beaucoup de dessins manuels rapides
    – le dessin géométral et le dessin papier découpé
    – l’ouverture du chantier aux propositions renforçants le projet
    – le détournement inventif des incidents ou erreurs
    enfin et globalement : tout ce qui peut favoriser la souplesse inventive car nous sommes vite rattrapés par nos rigidités et la diversification des moyens aide à nourrir « l’affût créatif de tous les instants » : des premiers jets au chantier livré.

    Comme dit je ne sais plus qui : « Le projet n’est pas son dessin ».

    Nous ne cherchons pas l’intérêt des acteurs de la construction mais la fierté des « oeuvriers » et le sourire des habitants…

    Architecturalement votre.
    Yves Perret

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