Science-fiction ou open-source ?

- par Le bahutier, architecte. Transformons nos métiers !

Face à des difficultés économiques et climatiques infernales, les agriculteurs sont en train de s’adapter, grâce au bio et aux nouveaux outils numériques. La presse nous raconte régulièrement comment les drones connectés aux tracteurs intelligents leur permettent d’apporter un traitement particulier, presque spécifique à chaque plante d’un champ. Ici, il manque de l’eau. Par là, il faut combattre les chenilles, mais l’ordinateur gère tout ceci tranquillement. De même, les éleveurs d’animaux retrouvent une vie de famille et du sommeil, étant prévenus par SMS lorsqu’une vache va accoucher, par exemple. Plus de confort pour le professionnel qui a su s’adapter, plus de qualité au meilleur prix pour son client.
La révolution numérique bouleverse de nombreuses professions, pour le meilleur ou pour le pire, selon les cas. Le métier d’architecte sera forcément concerné bientôt.
Cette évolution numérique ne se résume pas au BIM, même s’il en fait partie. Le BIM, c’est notre nouvel outil de production. Qu’en sera-t-il de nos autres outils, de nos pratiques ?

Nos voitures ne volent toujours pas (!) mais il s’est passé beaucoup de choses récemment.
Aujourd’hui, nous pouvons déjà faire nos relevés avec un scanner 3d et des photos 360, projeter nos maîtres d’ouvrage dans leur futur projet grâce aux casques de réalité virtuelle, échanger en visio avec les entrepreneurs sur chantier, automatiser certains documents administratifs comme nos devis ou les quantités de nos dpgf, utiliser des applis sur tablettes pour gérer nos réserves de chantier, accéder en permanence à tous nos dossiers en cloud depuis une réunion à l’extérieur…

Demain, nos traits de crayon se changeront instantanément en cctp, nous indiquant par des voyants colorés si toutes les réglementations sont respectées.
Nous ferons des visites de chantier quotidiennes en nous y rendant physiquement une fois par mois et nous rédigerons nos compte-rendus par commande vocale. Y aura-t-il même des visites de chantier, il paraît que les chinois « impriment » déjà des maisons en quelques heures…?
Notre assistant intelligent (Siri ?) résoudra peut-être la plupart de nos problèmes quotidiens, simplement parce que nous lui aurons demandé, pour pouvoir nous concentrer chacun sur l’essence de notre devoir.

Avons-nous intérêt à nous lancer dans cette évolution numérique ou bien à attendre, croisant les doigts – et serrant les dents – pour que notre métier reste sagement ce qu’il est aujourd’hui ?
Nos concurrents vont-ils attendre, sur les marchés qui n’imposent pas le recours à l’architecte ?
Les autres continents vont-ils attendre pour développer des solutions et les breveter ?

Nous ne pouvons pas savoir, aujourd’hui, ce que sera le quotidien de notre métier demain.
Nous, architectes, devrions avoir une obligation morale d’essayer de le découvrir. Pour notre pays, pour la qualité architecturale qui pourra s’en trouver grandie, comme pour les générations futures d’architectes.

Alors, cherchons. Cherchons à quoi le numérique et la technologie peuvent nous servir. Comprenons si nous nous y retrouvons. Prévoyons ces évolutions pour ne jamais les subir, pour ne pas nous retrouver dans la rue comme des taxis parce que d’autres ont cherché à notre place. Profitons-en pour nous rendre encore plus désirables, pour redresser nos agences et pour nous concentrer encore davantage sur la qualité architecturale de nos projets ?

Et lorsque certain(e)s de nous aboutirons, partageons ces technologies avec tous les architectes, en open-source. Oui, gratuitement, en open-source.
Pour l’Architecture, pour l’intérêt public, et parce que nous ne serons jamais une profession comme les autres : ensemble, à nous tous, nous sommes l’Ordre des Architectes.

Le bahutier, architecte

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